Guide des parasites internes (vers) chez le chien et le chat

Contrairement aux puces ou aux tiques, les vers intestinaux passent souvent inaperçus jusqu'à ce qu'ils causent des troubles significatifs. Ce guide explique comment les reconnaître, pourquoi la vermifugation régulière compte, et à quel rythme la faire selon l'âge de votre animal.

Suivi vétérinaire et calendrier de soins pour chien et chat

L'essentiel en un coup d'œil

  • Les vers intestinaux les plus fréquents sont les ascaris (Toxocara), les ankylostomes, les ténias et les trichures.
  • Un animal infesté ne présente pas toujours de symptôme visible : la vermifugation est un geste préventif, pas seulement curatif.
  • Certains vers sont des zoonoses, transmissibles à l'humain — un risque particulier pour les enfants et les personnes immunodéprimées.
  • Le protocole ESCCAP recommande un rythme intensif chez le chiot/chaton (toutes les 2 semaines dès 2 semaines de vie), puis mensuel jusqu'à 6 mois, puis 2 à 4 fois par an à l'âge adulte selon le mode de vie.
  • Puces et vers sont liés : une puce avalée par l'animal en se toilettant peut transmettre un ténia — traiter les deux fronts ensemble reste la meilleure approche.

Les principaux types de vers

  • Ascaris (Toxocara) : les plus fréquents, transmis de la mère aux chiots/chatons dès la gestation ou l'allaitement, ou par ingestion d'œufs présents dans l'environnement ;
  • Ankylostomes : vers qui se fixent à la paroi intestinale et se nourrissent de sang, pouvant provoquer une anémie en cas d'infestation importante ;
  • Ténias (vers plats) : souvent transmis via une puce avalée, visibles parfois dans les selles sous forme de petits segments ressemblant à des grains de riz ;
  • Trichures : moins connus mais présents, en particulier chez le chien, avec des symptômes digestifs parfois discrets.

Comment un animal attrape-t-il des vers ?

  • Avant la naissance et par le lait : les larves d'ascaris se réveillent chez la femelle gestante et passent aux chiots avant leur naissance, ou aux chatons par l'allaitement. Un chiot ou un chaton peut donc naître parasité, même si sa mère a l'air en parfaite santé.
  • Par l'environnement : un animal qui renifle ou lèche un sol, un jardin, un bac à sable ou des excréments contaminés avale des œufs. Ceux d'ascaris deviennent infectieux après plusieurs semaines dans le sol, et y survivent très longtemps : ramasser les crottes chaque jour limite fortement le risque.
  • Par les proies : un chat qui chasse un rongeur ou un oiseau, un chien qui mange des rongeurs ou de la viande crue, peuvent avaler des larves et des kystes.
  • Par les puces : en se toilettant, l'animal avale une puce infestée par une larve de ténia.
  • Par la peau : les larves d'ankylostomes peuvent traverser la peau.

Un animal strictement d'intérieur n'est donc pas à l'abri : les œufs peuvent entrer sous les chaussures, et les puces sur d'autres animaux ou sur vous.

Parasites qu'un vermifuge classique ne traite pas toujours

  • Giardia et coccidies : des parasites microscopiques, surtout chez les chiots et chatons élevés en groupe, qui donnent des diarrhées. Ils se détectent par analyse de selles et se traitent par des produits spécifiques.
  • L'échinocoque (Echinococcus multilocularis) : un petit ver de rongeurs que le chien, plus rarement le chat, attrape en mangeant des campagnols. Il est dangereux pour l'humain. Dans les régions où il est présent, notamment dans l'est de la France, les chiens qui chassent des rongeurs sont traités beaucoup plus souvent : demandez conseil à votre vétérinaire.
  • La dirofilariose (« ver du cœur ») : transmise par des moustiques dans certaines régions (sud de la France notamment), elle se prévient par un traitement mensuel spécifique pendant la saison des moustiques.
  • Les vers pulmonaires : transmis par les limaces et escargots que le chien avale, ils se préviennent aussi par des traitements adaptés selon la région.

Signes qui doivent alerter

Un animal parasité ne montre pas toujours de signe visible, mais certains indices doivent alerter :

  • diarrhées, vomissements, ballonnements ;
  • poil terne, perte de poids inexpliquée ;
  • anémie et fatigue inhabituelle ;
  • démangeaisons anales (l'animal se frotte l'arrière-train au sol) ;
  • chez le chiot ou le chaton : "ventre en pot" (gonflé) associé à un mauvais état général et un retard de croissance — le suivi de croissance peut aider à repérer un ralentissement anormal ;
  • présence visible de vers dans les selles ou les vomissements (segments blancs, vers en forme de spaghetti).

Calendrier de vermifugation recommandé

Chiots et chatons

Selon les recommandations de l'ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) : toutes les 2 semaines dès l'âge de 2 semaines et jusqu'à 2 semaines après le sevrage, puis un vermifuge mensuel jusqu'à 6 mois. Ce rythme intensif s'explique par la contamination précoce via la mère et la vulnérabilité de cette tranche d'âge.

Animaux adultes

La fréquence dépend ensuite du mode de vie : de 2 à 4 fois par an pour un animal d'intérieur strict, au moins 4 fois par an (traitement trimestriel) pour un chien ou un chat ayant accès à l'extérieur, en contact avec d'autres animaux, ou vivant avec de jeunes enfants, et jusqu'à une fois par mois pour un animal qui chasse et mange ses proies.

Ce calendrier reste indicatif : votre vétérinaire l'ajustera selon l'exposition réelle de votre animal.

Chienne ou chatte gestante ou allaitante

Les larves dormantes se réveillent pendant la gestation. Un protocole spécifique, défini avec le vétérinaire, permet de limiter la contamination des petits. Les mères sont ensuite traitées en même temps que leurs portées.

Bien vermifuger : produit, dose, et idées reçues

  • Un produit adapté à l'espèce, au poids et à l'âge : pesez l'animal avant de doser, un sous-dosage laisse survivre les parasites. Pour un chiot ou un chaton, vérifiez l'âge et le poids minimaux indiqués sur la notice.
  • Comprimé, pâte ou « spot-on » : choisissez celui que votre animal accepte, et conservez la boîte pour le numéro de lot et la notice. Pour un chat difficile, demandez à votre vétérinaire une forme à appliquer sur la peau.
  • Le spectre du produit : tous ne traitent pas tous les vers (ténias, par exemple). Demandez-vous contre quoi votre animal est protégé, et à quelle fréquence.
  • Les remèdes « naturels » (ail, terre de diatomée, graines de courge…) ne remplacent pas un vermifuge. L'ail est même toxique pour le chien et le chat.
  • Jamais de produit pour chien sur un chat sans avis vétérinaire.
  • Après le traitement, l'animal peut présenter quelques selles molles ou un peu de fatigue pendant 24 heures, et éliminer des vers : ramassez les crottes immédiatement.
  • Une analyse de selles permet de choisir le traitement et de vérifier son efficacité. Votre vétérinaire peut la proposer pour un animal à risque, en particulier un jeune ou un chien qui chasse.

Protéger les enfants et les femmes enceintes

La toxocarose humaine est due à l'ingestion d'œufs de Toxocara (ascaris), le plus souvent en portant à la bouche des mains sales ou de la terre contaminée. Les jeunes enfants qui jouent par terre ou dans un bac à sable en sont les premières victimes ; l'infection peut aller de l'absence de signes à des atteintes oculaires ou d'autres organes, rares mais sérieuses.

  • apprenez aux enfants à se laver les mains après avoir joué avec l'animal ou dehors ;
  • ne laissez pas votre animal faire ses besoins dans un bac à sable ou une aire de jeux, et couvrez les bacs à sable de votre jardin ;
  • vermifugez régulièrement tous les animaux du foyer, en particulier les jeunes ;
  • ne laissez pas un animal lécher le visage d'un nourrisson ;
  • une femme enceinte confie si possible le ramassage des excréments à un tiers, ou porte des gants et se lave les mains ensuite (même précaution que pour la toxoplasmose, voir notre guide litière).

Bonnes pratiques d'hygiène complémentaires

  • ramassage quotidien des excréments, en particulier dans les espaces partagés ;
  • nettoyage régulier des gamelles et des couchages ;
  • limiter l'accès aux zones souillées lors des promenades ;
  • traiter tous les animaux du foyer en même temps, même en l'absence de symptôme, pour éviter les recontaminations croisées ;
  • se laver les mains après avoir manipulé les excréments, en particulier avant de préparer un repas ou de s'occuper d'un enfant.

Quand consulter un vétérinaire ?

  • présence visible de vers dans les selles ou les vomissements ;
  • diarrhée ou vomissements persistants ;
  • perte de poids inexpliquée ou retard de croissance chez un jeune animal ;
  • ventre anormalement gonflé chez un chiot ou un chaton ;
  • doute sur le protocole de vermifugation adapté à votre animal.

Questions fréquentes

À quelle fréquence vermifuger un chiot ou un chaton ?

Selon l'ESCCAP, toutes les 2 semaines dès l'âge de 2 semaines jusqu'à 2 semaines après le sevrage, puis une fois par mois jusqu'à 6 mois — un rythme intensif justifié par la contamination fréquente via la mère.

Et à l'âge adulte ?

En général 2 à 4 fois par an selon le mode de vie : 2 fois par an pour un chat d'intérieur strict, jusqu'à 4 fois (trimestriel) pour un animal ayant accès à l'extérieur ou en contact avec d'autres animaux.

Les vers sont-ils transmissibles à l'humain ?

Oui, certains vers sont zoonotiques (transmissibles à l'homme), en particulier chez les enfants et les personnes immunodéprimées — une bonne raison supplémentaire de respecter le protocole de vermifugation.

Mon animal n'a pas de symptôme, a-t-il vraiment besoin d'être vermifugé ?

Oui : de nombreux animaux infestés ne présentent aucun symptôme visible. La vermifugation régulière est un geste préventif, pas seulement curatif.

Mon chat d'intérieur a-t-il besoin d'être vermifugé ?

Oui, mais moins souvent : 2 à 4 fois par an environ. Les œufs entrent sous les chaussures, les puces peuvent venir d'un autre animal, et un chat qui attrape une souris ou un insecte peut se contaminer. Votre vétérinaire adaptera le rythme.

Les remèdes naturels contre les vers sont-ils efficaces ?

Non, aucun ne remplace un vermifuge, et certains, comme l'ail, sont toxiques pour le chien et le chat.

Comment les enfants peuvent-ils attraper des vers de leur chien ou chat ?

Surtout en avalant des œufs de Toxocara présents dans la terre ou un bac à sable souillé, en portant à la bouche des mains sales. Se laver les mains, couvrir les bacs à sable et vermifuger régulièrement les animaux réduisent fortement le risque.

Sources & références

  • ESCCAP – Guideline 01 : Worm control in dogs and cats (7e édition, 2025)
  • AVMA – Parasites intestinaux et zoonoses chez les carnivores domestiques
  • Travaux vétérinaires sur les protocoles de vermifugation pédiatrique

À lire aussi : guide des parasites externes (puces, tiques), calendrier de soins, ou notre glossaire pour les termes techniques.